Critique Cinéma : Seul sur Mars (The Martian)

Seul sur Mars
© 2015 Twentieth Century Fox

Seul sur Mars, ou The Martian en VO est un film de science-fiction sortie le 21 octobre 2015 dans nos salles obscures et réalisé par Ridley Scott.

Ridley Scott n’est pas étranger à ce genre si particulier de la science-fiction. On lui doit à l’aube de sa carrière fleurissante des films ayant marqués leur époque tel que Alien le huitième passager en 1979 mais également Blade Runner, adaptation du roman de Philip K. Dick « Do Androids Dream of Electic Sheep ? » en 1982. Pourtant après deux coups de maître, Scott laissa tomber le genre qui lui a valu ses premiers vrais succès publics en tant que réalisateur. Ce n’est qu’en 2012 qu’il revient vers la science-fiction avec le préquel d’Alien du doux nom de Prometheus et cette année avec Seul sur Mars. Pour ce film, Ridley Scott est allé piocher du côté des adaptations de succès littéraires au cinéma. Seul sur Mars est en effet une adaption du best-seller du même nom écrit par Andy Weir. Premier blockbuster de cette fin d’année, le film a tout du divertissement prêt à conquérir le box-office.

« Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies. »

Synopsis Allociné

Alors qu’on aurait pu penser à la vue du titre du film que l’on soit face à un film 100 % survival, Ridley Scott encre en réalité son Seul sur Mars dans le divertissement pur et dur et accessible au plus grand nombre. Passer un postulat de départ où Matt Damon se retrouve laissé pour mort et livré à lui-même sur la Planète Rouge, dans une scène d’introduction nous mettant directement dans l’ambiance, on comprend rapidement que l’on est face à une machine hollywoodienne bien huilé et sans surprise. Ce n’est pas un défaut en soit, je n’ai rien contre les blockbuster que je consomme régulièrement, mais on pouvait attendre plus d’audace de la part de Ridley Scott. Le problème essentiel du film selon moi vient de la narration qui à tout de la vulgarisation scientifique basique. C’est simple, chaque actions effectués par Mark est expliqué aux spectateurs, par le biais de vidéo face caméra, avant d’être réalisé par celui-ci quelques secondes plus tard. Certes, le procédé est expliquer par le fait qu’il souhaite laisser une explication de comment il compte survivre, mais on aurait très bien pu s’en passer. Tom Hanks dans Seul au Monde n’en a pas eu besoin (en même temps il n’a pas de caméra). L’autre problème dans la narration vient du nombre d’ellipse rendant le film par moment indigeste. L’histoire du film se déroulant sur plusieurs années, on ne cesse de sauter dans le temps d’une scène à l’autre, cassant ainsi la moindre tension pouvant être installée dans l’une d’elles. Ces ellipses sont clairement indispensables (le film faisant tout de même 2h20) mais aurait gagné à ce qu’elle soit mieux intégrée. Le nombre incroyable de blague et de référence (à Iron Man entre autre) tout au long du film rend tout développement psychologique du personnage obsolète, qui reste quand même tout seul sur une planète inconnue durant quelque temps. Je ne parlerais même pas de la fin, cliché au possible.

© 2015 Twentieth Century Fox
© 2015 Twentieth Century Fox

Le casting s’en sort cependant bien : Matt Damon, bien que trop lisse dans ses expressions et trop propre sur lui pour un homme perdu dans une planète désertique, attire la sympathie et on s’attache rapidement à son personnage. On sourira quand même de savoir que l’acteur commence à avoir réellement la poisse, c’est la troisième fois dans sa filmographie que l’on doit venir le secourir. A ses débuts dans « Il Faut Sauver Le Soldat Ryan » et perdu deux fois dans l’espace en moins d’un an (coucou Interstellar). On signalera aussi une Jessica Chastain toujours aussi expressive, mais trop proche de son rôle dans le dernier film de Christopher Nolan.

Le vrai bon point du film vient alors de son image. Bien que manquant un peu d’audace, Ridley Scott maîtrise sa réalisation et donne lieu à des images souvent impressionnantes. Mars bien que entièrement désertique, offre des panoramas magnifiques (l’image d’accroche de l’article en est un exemple). Chaque scène est toujours propre et il n’y a jamais de problème de visibilité dans les scènes un tant soit peu rapide. Il est juste dommage que le réalisateur, tout comme dans son Prometheus, soit resté trop sage.

Et pourtant malgré tout ce que vous venez de lire, le film est loin d’être mauvais. On en ressort avec un petit sourire de satisfaction venant de voir un divertissement très correcte. Cependant Seul sur Mars n’arrive jamais à atteindre la beauté visuelle et l’intensité qu’a pu nous offrir Gravity ou même la narration plus ou moins complexe d’un Interstellar. Pour finir voici le mot de la fin : bonjour Hollywood, la 3D au cinéma n’est toujours pas utile, merci.

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