Live By Night : Renouvellement d’un genre ?

Après Gone Baby Gone, The Town ou encore Argo, Ben Affleck s’est imposé rapidement comme un homme multi-casquette, à l’aise aussi bien devant que derrière la caméra. Il est ainsi pas étonnant de le voir rattacher à la réalisation du prochain film solo du chevalier noir, The Batman. Mais avant ce rendez-vous qui sera probablement autant adulé que décrié, Bat-fleck nous fait plaisir et cherche à redonner un coup de jeune aux films de gangster en adaptant sur grand écran le roman Live By Night de Dennis Lehane. Coup de jeune réussi ou classicisme acerbe ? Décryptage.

Live By Night

Renouvellement d’un genre ?

LIVE BY NIGHT

Prohibition

Live By Night : Affiche
Warner – 2017

Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, Joe Coughlin (Ben Affleck) rentre au pays bien décidé à ne plus suivre les ordres et vivre une vie de hors-la-loi. En pleine Prohibition, l’alcool, alors interdit par la loi, est régit dans les nombreux bars clandestins par la mafia locale, avec d’un côté les italiens et de l’autre les irlandais. Joe Coughlin se trouve au milieu de cette mécanique bien huilée, multipliant les casses avec ses amis d’enfance afin de vivre la belle vie sans se soucier d’avoir une organisation à qui rendre des comptes.

Malheureusement, sévir dans un cartier régit par la mafia à toujours un coût et Joe l’apprendra à ses dépens. D’autant plus qu’il fricote avec la petite amie du parrain irlandais… Ambition, vengeance et trahison sont au programme de ce film de gangster qui emmènera Joe jusqu’à Tampa en Floride, pour devenir le nouveau caïd de la contrebande d’alcool.

Live By Night : Photo

Grande Dépression

La Prohibition, la Grande Dépression, le rêve américain… les thèmes habituels du film de gangster sont tous présents dans Live By Night. Pour le meilleur et pour le pire ? Si ce sont des thèmes inhérents à l’époque traitée et du film de gangster en général, le dernier long-métrage de Ben Affleck est trop sage dans son approche pour se démarquer un temps soit peu des classiques du genre. Ce n’est pas ce Boston des années 20 qui me contredira, bien qu’il soit plutôt bien mis en valeur par Affleck réalisateur, avec ses guerres de territoire entre Mafia et ses bars clandestins. Le film souffre de la comparaison du génie de ses aînés, mais il serait réducteur de le condamner pour si peu, d’autant plus qu’il apporte un certain vent de fraîcheur en déplaçant son intrigue après l’introduction dans la petite ville de Tampa, inconnue au bataillon jusqu’à présent.  Au revoir les ruelles sombres de Boston, bonjour le soleil de Tampa, partagée entre la Mafia cubaine, policiers corrompus et bouseux du KKK (ku klux klan).

Un dépaysement oui, mais pour revenir au reproche du classicisme ambiant, il n’est pas assez mis en avant. Mis à part visuellement, le film aurait pu se dérouler à Montpellier, que les enjeux serait restés les mêmes. D’accord, nous avons du rhum au lieu du whisky… mais c’est tout. On oublie trop rapidement les caractéristiques de chaque clans en multipliant les intrigues pas inintéressantes, mais trop vite survolées. En particulier, la guerre entre cubains et KKK, qui aurait pu apporter un meilleur approfondissement comme la lutte contre le racisme comme thème fort du long-métrage. Trop de sous-intrigues qu’il faut bien finir à un moment donné et qui rendent le film inutilement long, surtout à la fin. Quitte à adapter le livre, il aurait fallu sabrer encore quelques passages pour que le film soit plus digeste et percutant.

Live By Night : Photo Ben Affleck, Chris Messina

 Rêve américain

Dans Live by Night, on trouve également une belle brochette d’acteurs présents dans ce rêve américain. Ben Affleck, comme à son habitude, s’en sort plutôt bien et rentre de justesse dans son costume blanc de gangster. Il lui manque cependant une touche d’humanité dans le regard, celle où son côté sombre peut prendre le dessus à tout instant. Il en devient trop sage dans les moments décisifs. Malheureusement pour lui, il devient en partie fade en se faisant voler la vedette par certains seconds rôles. Un en particulier, celui d’Elle Fanning, qui après « The Neon Demon » nous montre encore une fois, les différentes facettes de son jeu d’actrice, tout dans la justesse des détails (clairement une actrice à surveiller de près !). Les autres grosses têtes de la liste comme Brendan Gleeson, Zoe Saldana et Sienna Miller font plaisir à voir, mais ne sont malheureusement pas assez exploités pour relever l’intérêt de leurs personnages bien trop basiques et manichéens.

Reste qu’Affleck réalisateur montre encore une fois après The Town et Argo une réalisation solide bien que manquant d’étincelles, avec une photographie et un parallélisme des plans toujours très propres. Les différentes scènes d’action (en particulier la traditionnelle fusillade de fin) font mouche, mais « manque de couille » (au moins dans un film récent sur le genre, Gangster Squad en avait lui !). C’est le regret qui touche tout le film, un manque d’ambition visible à l’écran à chaque instant et peu importe le domaine dans lequel on l’analyse. Live By Night est-il le long-métrage qui dépoussiérera le film de gangster ? Et bien non. Malgré toute la bonne volonté de Ben Affleck, le film est d’un classicisme acerbe, empruntant aussi bien aux « Incorruptibles » qu’à « Il était une fois en Amérique« . Si vous aimez le genre, le film n’est pas mauvais et est plaisant à voir, mais il sera aussi vite oublié.

25-coffee

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