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[Critique] Doctor Strange : I Need A Doctor

Sorti le 26 octobre dernier chez nous, Doctor Strange est le 14ème film du Marvel Cinematic Universe et le second film s’intégrant dans la phase 3 après Captain America Civil War en début d’année. Alors que le marché du super-héro cinématographique est en plein essor et que l’on se demande quand Hollywood périra par les flammes d’un genre trop représenté, Marvel nous livre une nouvelle origin-story pour un de ses personnages phares sur papier. L’origin-story de trop ? Pas encore. Pour avoir eu la chance de voir le long métrage en Imax Laser 3D, je dirais même que j’ai grave pris mon pied. Verdict.

I Need A Doctor

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Doctor Strange : Affiche
Disney/Marvel – 2016

Pour les habitués que nous sommes après 14 films dans cet univers, la première chose qui surprend, c’est le nouveau générique pour l’écurie Marvel. Un point non important pour la qualité même du film, je vous l’accorde, mais je ne m’attendais pas du tout à un changement à ce niveau. Fini le défilement épileptique de planches originales des comics, bonjour des extraits des précédents films finissant donc, sur le nouveau logo Marvel Studio. Mais puisque, au final, on s’en fout légèrement et que vous avez cliquer sur le titre de l’article sentant bon le Dr. Dre pour voir une critique du film, ça parle de quoi Doctor Strange  ?

L’art du recyclage

Tout commence dans un hôpital. Stephen Strange est un talentueux neurochirurgien que rien n’arrête, s’occupant que de cas les plus extrêmes pouvant accroître sa popularité. Si vous avez seulement fait un petit un AVC, vous êtes malheureusement foutu, Mr Strange ne s’occupera pas de vous. Il est riche, possède un tiroir de montres sur présentoir qui tourne que je lui jalouse terriblement, imbu de lui-même, le succès lui monte gravement à la tête, mais c’est clairement le meilleur dans sa partie. Quand tout à coup, patatra ! Un événement perturbateur arrive, et le grand monsieur Strange perd l’usage partiel de ses mains. Pas top pour un neurochirurgien. Suivra en suite une quête initiatique pour récupérer l’usage de ses mains et en passant, devenir plus humain qu’il ne pouvait l’être.

Le pitch ne vous rappelle rien ? Mais si, remplacez quelques termes par inventeur, marchant d’arme et cœur perforé au shrapnel et vous tenez l’histoire de Iron Man, le premier film du Marvel Cinematic Universe. Une mauvaise chose ? Pas spécialement. Même si ce genre de pitch est tout, sauf neuf, que ce soit dans le genre super-héroïque et même en dehors depuis bien longtemps, il reste une valeur sûre pour une origin-story, du moment que ce soit quand même bien foutu. Mais vu qu’il s’inscrit dans le même univers, on ne pas s’empêcher de penser à Iron Man.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Rachel McAdams

My name is Doctor Cumberbatch

Rien de neuf sous le soleil donc et ce n’est pas la caractérisation du personnage qui va venir me contredire, tant notre cher Docteur Strange ressemble trait pour trait à Tony Stark. Même aversion pour l’humanité, même compte en banque et même blagues vaseuses centré sur lui-même. Doctor Strange, c’est Tony Stark devenu médecin et flirtant avec un Poudlard tibétain dirigé par une Tilda Swinton chauve. Bon, je m’amuse avec mes comparaisons, mais avoir choisi Benedict Cumberbatch pour camper le Doctor est en réalité un des meilleurs choix de casting de tout l’univers Marvel. Tout comme Tony Stark (encore lui) pour Robert Downey Junior , le rôle de Strange lui colle à la peau. La preuve encore une fois que B. Cumberbatch, après avoir été Sherlock et Smog dans les derniers Hobbit, est un acteur touche à tout devenant progressivement un symbole de la culture geek.

Mais si Doctor Cumberbatch est parfait pour le rôle, le reste du casting n’est pas non plus en reste. Si une bonne partie de la toile s’est insurgée (pour rien comme toujours) au moment de l’annonce du choix de prendre une femme pour camper l’Ancien, sorcier suprême, défendeur de la dimension astrale de l’univers Marvel et sensei de Strange, Tilda Swinton est tout simplement parfaite pour le rôle. On comprend largement le choix du studio et c’est un véritable plaisir de voir l’actrice à contre-emploi. Autre acteur faisant plaisir à voir, Chiwetel Ejiofor qui avait déjà tourné avec B. Cumberbatch dans 12 Years A Slave, fait un sympatrique side-kick, bien qu’un peu trop nunuche, mais qui prendra probablement son envol dans une future suite.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton

Méchant es-tu là ?

Méchant es-tu là ? et bien… non. C’était bien la peine de prendre un acteur aussi talentueux que Mads Mikkelsen pour en faire un méchant aussi nul avec 3 pauvres lignes de dialogue. Je commence à en avoir vraiment marre des films Marvel (et super-héroique en général) à ce sujet. Absolument rien n’est fait, comme d’habitude, pour approfondir le vilain de l’histoire. Je comprend le besoin de prendre du temps pour développer l’origin-story d’un héro qui réapparaîtra forcément ailleurs, mais merde crotte.

Au bout du 14ème film Marvel, nous n’avons toujours pas un méchant digne d’intérêt. C’est usant et énervant tant au final le méchant le plus important dans l’univers Marvel/ciné est Loki… que je trouve déjà bien pourri. Le second gâchis de casting se voit être la magnifique Rachel McAdams… reléguée à un simple love-interest pour le Doctor et sans aucun intérêt. Message au studio : évitez-vous de payer des bons acteurs pour les traiter de la sorte, prenez des arbres, ce sera pareil et moins cher. Prenez le temps de développer vos personnages, les films n’en seront que meilleurs. La branche Marvel/série a compris elle, avec un magnifique Kingpin dans Daredevil.

Doctor Strange : Photo Mads Mikkelsen

Visuellement sous LSD

En dehors de son duo d’acteurs vedettes, la palme de Doctor Strange revient à son visuel à toute épreuve. Un visuel qui est largement le plus ambitieux, réussi et impressionnant de tous les films composant l’univers Marvel. C’est simple, pour avoir essayé la technologie Imax Laser 3D dans mon cinéma pour la première fois avec ce film, j’ai pris une grosse baffe dans la tronche. Bon, je suis peut-être sous l’influence de l’Imax, ne sachant pas comment donne une séance « normale », mais le visuel m’a largement impressionné.

Sous prétexte de magie, de contrôle du temps et des différents plans astraux, le film s’en donne à cœur joie avec ses effets spéciaux en déstructurant les villes, les immeubles ou tout simplement notre réalité. Mention spéciale à une scène, où l’équipe du film était forcément sous LSD pour la faire, c’est impossible sinon. Largement déconseillé aux épileptiques, cependant, sous peine de crise en pleine salle de cinéma. En un mot, visuellement, c’est jouissif. Pour en finir avec cette critique, je mentionnerai tout même un certain « ventre mou » en plein milieu d’un film pourtant pas si long avec ses 1h45 au compteur.

Doctor Strange : Photo Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor

Alors ça Strange ou pas ?

Et bien oui. Doctor Strange est un blockbuster classique dans son approche, terriblement ancré dans l’ADN Marvel, mais il fait véritablement mouche avec son visuel jouissif et son acteur phare renouvelant le casting de l’univers Marvel. Malgré ses quelques défauts, je ne peux pas dire que je ne me sois pas amusé devant et je dirais même qu’il intègre (pour moi) le top trois des films les plus singuliers de l’univers Marvel aux côté du premier Iron Man et des Gardiens de Galaxie. Rien que ça. Allez le voir, faites-vous votre propre avis, mais surtout, restez jusqu’à la fin du générique. Le film compte 2 scènes post-génériques.

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